Militaire démobilisé, président de l'Assemblée nationale

Militaire démobilisé, président de l'Assemblée nationale

Postby Maximo » Sat Dec 03, 2011 7:09 am

Militaire démobilisé, président de l'Assemblée nationale


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Arrière-arrière-petit-fils d'un général caco, fils d'un ancien sergent, Rodolphe Joazile suit ses parents dans les garnisons jusqu'au démantèlement des Forces armées d'Haïti en 1994. Suite aux funérailles de la défunte armée chantées par un prêtre défroqué, l'ex-capitaine a intégré la Police nationale avant d'entamer une carrière politique qui l'a conduit à la présidence du Sénat. Portrait d'un militaire qui ne se laisse pas désarmer.



Haïti: Jeans délavé, maillot rayé, gardes du corps laissés au repos dans le véhicule tout comme ses lunettes... Jean Rodolphe Joazile prend siège tout de go dans les jardins du restaurant qu'il a choisi dans les hauteurs de Pétion-Ville pour raconter sa vie au plus ancien quotidien d'Haïti. Pour avoir bourlingué avec ses parents dans le Nord-Est dans les services militaires et policiers, l'homme, de petit gabarit (1m72), n'a pas envie de s'identifier au seul village de Ferrier où il est né le 15 septembre 1962. Jeanette Auguste, qui n'a pas eu accès à un centre de santé comme des centaines de milliers de femmes rurales, a recouru à une sage-femme pour donner naissance à celui qui deviendra, 49 ans plus tard, président de l'Assemblée nationale. Son nombril enterré sous un calebassier avec tout le rituel que cela nécessite, l'enfant au double prénom a été emmené cinq jours après sa naissance à Fort-Liberté où habitait déjà sa mère.

Fils de St-Julien Joazile, tour à tour sergent dans les Forces armées d'Haïti, directeur de la Régie du tabac de Fort-Liberté, greffier à la cour d'appel de Hinche et technicien en télécommunications, Jean Rodolphe a connu une enfance avec des hauts et des bas. « Comme toutes les familles haïtiennes de la classe moyenne », précise-t-il. Installé dans le chef-lieu du Nord-Est, il a été inscrit chez Claudion Charles-Pierre, l'institutrice surnommée affectueusement « Man Dion » par les habitants de la ville. Après son kindergarten, il est admis chez les soeurs de Fort-Liberté jusqu'à la fin de ses études primaires en 1974. Le jeune fils de Jeanette a fait ses études secondaires au lycée de Fort-Liberté jusqu'à juin 1979. La même année, il met le cap sur Port-au-Prince pour obtenir ses bacc I et II, respectivement au lycée Alexandre Pétion et au collège Lucien Hibbert.

Brillant, il concurrença au collège un certain Sauveur Pierre-Étienne, l'actuel coordonnateur général de l'Organisation du peuple en lutte (OPL). « Nous occupions les premières places dans la classe », se souvient Jean Rodolphe Joazile. Les deux hommes, aujourd'hui au-devant de la scène politique, sont restés de bons amis, même s'ils ne militent pas, du moins pas encore, dans une même structure politique. Très calé en mathématiques, physique et chimie, Joazile enseignait au collège Euclide, alors qu'il n'avait pas encore bouclé ses études secondaires. Même au lycée Alexandre Pétion, il aida ses condisciples à combler de sérieuses lacunes.

Militaire de père en fils

Arrière-arrière-petit-fils de Mathieu Fils-Aimé, général caco - guérilla rurale opposée à l'occupation américaine - et fils d'un ex-sergent des Forces armées d'Haïti, Joazile Jean Rodolphe s'inscrit à l'académie militaire, le 4 octobre 1982. Diplômé le 21 septembre 1984, il a reçu une bourse pour un cours en infanterie en Georgie, aux États-Unis. De retour au pays le 21 août 1985, il obtient son premier poste dans les Forces armées d'Haïti comme commandant du sous-district des Cayes. Trois mois après, on a enregistré les premières grandes turbulences politiques qui ont conduit à la chute de la dynastie des Duvalier. « Quand j'ai entendu les manifestants crier A bas Jean-Claude Duvalier, ce fut un choc pour moi, avoue Joazile. A l'académie militaire, on m'enseignait la doctrine Duvaliériste, président à vie. »

D'une doctrine à une autre, le jeune officier se laissa convaincre par un prêtre catholique dont il s'est gardé de révéler le nom. Le prêtre m'a demandé de passer des instructions aux soldats cantonnés aux casernes de la ville pour protéger les manifestants. « Le religieux a échangé avec moi et m'a harangué pendant près de deux heures », a expliqué le sénateur du Nord-Est. La première grosse manifestation, se souvient-t-il, a eu lieu aux Cayes le 30 janvier 1986. « La ville était à feu et à sang et j'ai tout fait pour empêcher des pertes en vies humaines », s'est réjoui l'ex-officier.

Le coup de Joazile

Le colonel Gambetta Hyppolite, commandant du département du Sud, était dépassé par les événements, raconte Joazile, qui a alors frappé un grand coup pour empêcher le bain de sang que redoutait le prêtre. « En tant que commandant du sous-district, j'ai convoqué tous les Volontaires de la sécurité nationale (VSN), milice de Duvalier, à la caserne. Avec la complicité du sergent Desombrage Ambroise, ancien trompettiste du Méridional des Cayes, j'ai désarmé tous les miliciens. Ces derniers étaient consignés à la caserne, raconte Jean-Rodolphe Joazile. Le général Wiltan Lhérisson m'a appelé et j'ai expliqué que c'était pour éviter un massacre dans la ville.» La décision a été acceptée par l'état-major préoccupé par la série de manifestations dans certaines grandes villes du pays. Gonaïves, d'où est partie la fronde anti-Duvalier, pleurait depuis plusieurs mois la mort de trois élèves-martyrs.

30 janvier 1986, Jean-Claude Duvalier, encore président à vie, confie une importante mission à l'ancien boursier de Georgie. « Il m'a personnellement appelé pour sauver la vie de maître Jean Cassion, commissaire du gouvernement, préfet et président du parti de Duvalier aux Cayes, a encore révélé le sénateur Joazile. J'ai été chercher Me Cassion, sa femme et son bébé à l'époque depuis leur cachette pour les mettre hors de danger. » Le lendemain, un avion atterrissait dans la ville pour transporter la famille à Port-au-Prince. Signe que le régime touchait à sa fin. Sept jours plus tard, Baby-Doc est effectivement tombé de son piédestal, après 15 ans de règne d'un pouvoir hérité de son père, François Duvalier, roi de la censure.

« Officier subversif »

La vague de « dechoukaj » n'ébranlait pas le jeune officier, qui développa une relation de proximité avec la population des Cayes. Quand les portes de toutes les écoles du pays restaient fermées, il travaillait avec les élèves. Un geste qui lui a valu l'estime des intellectuels des Cayes.

Rancunière, la population des Cayes exigeait le transfert du colonel Gambetta Hyppolite et du capitaine Renaud Saimbert. La junte militaire qui a succédé à Jean-Claude Duvalier obéissait allégrement aux « ordres » des manifestants en transférant le commandant départemental à Jacmel et le capitaine Saimbert à Port-de-Paix. « Il n'y a eu aucune manifestation contre moi », s'est réjoui Joazile, qui est resté aux Cayes jusqu'à son transfert au corps des Léopards dont il rêvait. L'aventure est de courte durée. Un vent de révolution traverse l'institution militaire dès 1987, l'année de la publication de l'ouvrage « Une armée pour la démocratie en Haïti », sous la plume de Gérard Dalvius, un ancien major. De jeunes officiers comme lui ont eu accès à Jeune Afrique, le journal africain qui faisait écho des percées militaires les unes plus barbares que les autres dans le continent. Le 15 octobre de la même année, des armes crépitaient au Conseil de l'entente de Burkina Faso. Le capitaine Thomas Sankara était immédiatement fauché par arme automatique. Aucun de ses gardes ni conseillers ne sera épargné par le groupe de soldats para-commando qui a pris d'assaut le conseil de l'entente à Ouagadougou.


A Port-au-Prince, Jean Rodolphe Joazile se souvient aujourd'hui encore d'une décision prise au corps des Léopards : « Le fameux colonel Denis Abellard assimilait certains parmi nous à des communistes. C'est ainsi que moi et six autres avons été transférés dans des régions différentes. » Il est arrivé à Hinche, son nouveau canton, avec une étiquette de subversif. « Si l'armée avait besoin de vous, vous ne seriez pas transféré ici. Ne menez surtout pas d'activités subversives dans ma juridiction, m'a lâché Bazile, le commandant départemental », poursuit-il. Au Plateau central, Jean Rodolphe Joazile a eu son salaire, mais aucune affectation réelle. Il passait son temps à Port-au-Prince et vient quand bon lui semblait à la caserne de Hinche. Le jour de la présidentielle de janvier 1988, qui donnait Leslie Manigat vainqueur, le commandant remit un véhicule à Joazile pour aller se baigner au Bassin Zim, une chute d'eau de la région.

Le "mouton noir" est transféré au début de 1988 aux Gonaïves, à la tête de l'unité tactique. Il fait équipe avec le major Neoclès Arné, indexé lui aussi au sein des Forces armées d'Haïti. A la faveur d'un coup d'Etat mené en septembre 1988 contre le général-président Henri Namphy, le colonel Gambetta Hypollite a été déchouqué par certains de ses soldats. « J'ai été poussé à la porte, sous le fallacieux prétexte que j'étais impliqué dans le coup porté au commandant du département », explique Joazile.

L'exil volontaire

La révocation n'a pas été effective. « Le colonel Himmler Rébu m'a accueilli au corps des Léopards placé sous ses ordres. J'y suis resté jusqu'au coup d'État raté de Rébu, en 1989 », a indiqué le fils de Jeannette. « J'étais officier du jour! », s'exclama Rodolphe Joazile à ma question sur son éventuel rôle dans la tentative de coup d'Etat du colonel Rébu contre le général président Prosper Avril. Chose certaine, Joazile s'est mis à couvert jusqu'au dénouement de la crise pour démissionner de l'armée. Il a choisi volontairement le chemin de l'exil, alors que Rébu, son protecteur, a été exilé de force. Le natif de Ferrier est resté aux États-Unis, où résidait sa mère, jusqu'à la chute de Prosper Avril.

L'élection de Jean-Bertrand Aristide a ouvert à nouveau les portes de l'armée à Joazile. « Moi et plusieurs anciens officiers, dont Dany Toussaint, Médard Joseph, Jacques Orélus, Richard Salomon et Néoclès Arné, avons été réintégrés le 11 février 1991 », se souvient-il, sans trop fouiller dans sa mémoire. Ils y sont restés jusqu'au démantèlement des Forces armées d'Haïti au retour d'Aristide de l'exil en 1994. Joazile ne se laisse pas désarmer, en intégrant la Police nationale d'Haïti. Il a été parmi les trois commissaires de l'institution policière dont la première promotion a été déployée au Cap-Haïtien, en juin 1995, sous les applaudissements de la population. Jean-Rodolphe Joazile, pendant un mois, a mené la belle vie à l'hôtel Mont-Joli jusqu'à l'addition à payer. « J'ai eu une dette de 18 000 gourdes à l'hôtel alors que mon chèque était de 6 000 gourdes. La dette a été finalement payée par ma mère et mon père », raconte dans un grand éclat de rire l'actuel président du Sénat. Déçu de son maigre salaire comme commissaire de police, il a été engagé au cabinet de Adrien Rameau, directeur général de la Police nationale à l'époque. Fourel Célestin, devenu à son tour directeur de la PNH, l'a maintenu à son poste jusqu'à la nomination de Pierre Denizé.

L'aventure politique

Entre juin et juillet 1996, Jean Rodolphe Joazile a été invité à une réunion politique en la résidence de Jean-Bertrand Aristide. « Nous étions douze à la réunion, et Aristide parlait de la fondation de Fanmi Lavalas. J'ai eu la mission d'organiser les Ti Fanmi dans le Nord-Est », a raconté Joazile. Aux élections du 7 avril 1997, il se porte candidat au Sénat sous la bannière de Fanmi Lavalas. Des élections gâchées sous la première présidence de René Préval. Aucun résultat jusqu'à l'organisation des sénatoriales en mai 2000. Jean-Rodolphe Joazile a eu un mandat controversé de 6 ans. Sous la pression de la communauté internationale et de l'opposition politique, Aristide a sacrifié certains des « mal-élus », dont Joazile. Aristide allait être sacrifié à son tour. L'ancien apôtre des bidonvilles, dont la deuxième élection a été contestée, a pris la route de l'exil en février 2004, suite à la menace des rebelles armés et des manifestations de rue.

Entre-temps, Joazile a repris à la faculté de droit de l'Université d'Etat d'Haïti (à Port-au-Prince) des études entamées aux Gonaïves. Il s'est aussi inscrit à l'ANDC, et au programme de maîtrise en science du développement de la faculté d'ethnologie. Du temps de l'exil d'Aristide, il a été à nouveau candidat aux élections sous la bannière de PONT de l'ex-Premier ministre Jean-Marie Cherestal. Il est élu troisième sénateur du Nord-Est. Joazile a passé moins de deux ans au Grand Corps où Rudolph Boulos, autre représentant du Nord-Est, a été destitué, laissant derrière lui plus de quatre années de son mandat. De retour aux élections, cette fois sous la bannière de la Fusion des sociaux-démocrates, Jean Rodolphe Joazile (Ndlr : le reste du mandat de Boulos) a été élu pour un troisième mandat.

Devenu membre d'INITE, plateforme créée sous le leadership de René Préval, en décembre 2009, Rodolphe Joazile a été élu à la présidence du Sénat. Successeur de Kély C. Bastien, la tâche était parsemée d'embuches, notamment avec un amendement constitutionnel gaspillé, la polarisation de l'Assemblée, l'affaire Bélizaire...Ce cocktail coïncide avec la fin de son mandat sénatorial, au plus tard en mai 2012.

« La terre tourne, les hommes aussi », a-t-il répondu, philosophe, à une question sur ses ambitions politiques. Le sénateur, sûr de son avenir politique, croit pouvoir être utile encore à son pays. Encore comme sénateur ? Comme Casec ou Asec ? Comme président de la République ? Une série de questions posées à l'intéressé, qui a haussé ses épaules en guise de réponse.

Mariage à Las Vegas

Derrière le commandant de district de La Gonâve, qu'il a été à son retour dans les rangs des FAD'H, se cache un gentleman qui s'est même offert un mariage type hollywoodien. Sur la grande île, il n'a pas fourbi ses armes pour seulement repousser une éventuelle attaque ou maintenir l'ordre, mais pour conquérir aussi le coeur de Bettina Désir. L'officier rendait visite à Port-au-Prince à un frère d'armes victime d'un accident de la circulation quand il a été invité chez Nadège, une amie. Au salon de cette dernière, il est tombé sous le charme de Bettina. De retour à son poste, il écrit régulièrement à Bettina, âgée de 22 ans à l'époque. Ce n'était pas encore l'ère de l'Internet ou des SMS. Joazile saisissait la moindre occasion pour voir celle qui faisait battre son coeur et en septembre 1994, il a invité sa future dulcinée à prendre un ver au Ritz Kinam. « Es-tu prête à m'épouser ?», demanda-t-il à la jeune Bettina, en route vers le restaurant. Réponse positive: Joazile fila sans réfléchir à l'église Saint-Pierre de Pétion-Ville et retient la date du 3 décembre pour le mariage avec sa dulcinée. Les quatre parents des tourtereaux se sont rencontrés pour la première fois, la veille du mariage. De cette union, qui va avoir 17 ans ce 3 décembre, est née une fille qui célébrera elle-même ses 15 ans le 23 du même mois. « Je n'ai pas regretté le choix. Bettina non plus », soutient en souriant le sénateur, qui s'apprête à sabler le champagne. En attendant, la fumée de sa cigarette s'élève, gracieuse, en courbes aussi sibyllines que certaines de ses réponses...


Claude Gilles
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Re: Militaire démobilisé, président de l'Assemblée nationale

Postby Castille » Sat Dec 03, 2011 7:43 am

Un traitre en somme.
"Ô Marie conçue sans péché, priez pour nous qui avons recours à Vous"
Domine salvam fac Rempublicam cum Praeside nostro Michel Martelly et exaudi nos in die qua invocaverimus te (bis)Glória Patri,et Fílio,et Spirítui Sancto.Sicut erat in princípio,et nunc et semper, et in saecula sæculórum. Amen.
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Re: Militaire démobilisé, président de l'Assemblée nationale

Postby patat » Sat Dec 03, 2011 10:05 am

Arrière-arrière-petit-fils de Mathieu Fils-Aimé, général caco - guérilla rurale opposée à l'occupation américaine - et fils d'un ex-sergent des Forces armées d'Haïti, Joazile Jean Rodolphe s'inscrit à l'académie militaire, le 4 octobre 1982. Diplômé le 21 septembre 1984, il a reçu une bourse pour un cours en infanterie en Georgie, aux États-Unis. De retour au pays le 21 août 1985, il obtient son premier poste dans les Forces armées d'Haïti comme commandant du sous-district des Cayes. Trois mois après, on a enregistré les premières grandes turbulences politiques qui ont conduit à la chute de la dynastie des Duvalier. « Quand j'ai entendu les manifestants crier A bas Jean-Claude Duvalier, ce fut un choc pour moi, avoue Joazile. A l'académie militaire, on m'enseignait la doctrine Duvaliériste, président à vie. »

Un militaire doit toujours rester militaire dans son âme toute sa vie. Sinon il aura une conscience torturée la vie durant même si on constate une sérénité apparente.

Haïti ne peut jamais sortir du gouffre si les Forces Armées d'Haïti, sur n'importe quelle forme, ne sont pas déployées pour assurer la paix, la sécurité et l’ambiance patriotique globale. Ce redéploiement ne doit pas se faire à demi pour éviter que des gens prêts à servir leur pays ne soient pas victimes de représailles de la part de certains secteurs apatrides qui ont perdu leur qualité d’être humain; nous voulons comme preuve tous les cas de «kidnappings» qui ont eu lieu et l’anarchie démentielle qui avaient fait d’Haïti une Nation endeuillée s’interrogeant sur les frontières de l’irresponsabilité dans un pays placé sous le tohu-bohu de la refondation. La tuerie gratuite continuait d’exaspérer les haïtiens. On a escaladé le mur de la honte pour tomber dans la fosse et s’abreuver du plein d’ignominie.

Aujourd’hui encore j’espère que le Président de l’Assemblée Nationale Rodolphe Joazile ne ratera pas l’occasion de se comporter comme militaire avant tout et fera en même temps honneur à l’Institution militaire, à son défunt père et à son arrière grand père «caco» de son vivant. Ô Grand Dieu! Quand on sait, ne fréquentait pas l’académie militaire si vous n’aviez aucune relation avec le pouvoir (1957-1986).

Je considère que Monsieur Rodolphe Joazile est avant tout un MILITAIRE et il le prouvera si la description du caractère de cet individu est exacte. Il n’a pas fait d’erreur dans le passé, seulement étant jeune il s’était laissé peut-être guidé par l’apparence des prêtres engagés qui bénéficiaient d’une espace démocratique apparente à l’époque. Pauvre Haïti tu as connu tant de souffrances à cause des erreurs de vos propres enfants qui pensaient que la démocratie devrait être instantanée.

En guise d’exemple sur l’appartenance voyons ce que dit l’inscription posthume sur le tombeau du Premier Président des États-Unis:

Sur la tombe de George Washington l'on peut lire : " Freemason and first président " ce qui veut dire : " Franc-maçon et Premier Président " et non pas le contraire: "Premier Président et Franc-maçon".

Comment se fait-il que ce soit dans cet ordre et pas dans l'autre ?
Simplement parce que la franc-maçonnerie en lien avec les Illuminati est une organisation plus puissante que le gouvernement américain parce qu'elle est au-dessus du gouvernement américain.
Tous les franc-maçons au sommet de la pyramide travaillent en partenariat, main dans la main, avec d'autres fraternités secrètes dans le but d'accomplir un Nouvel Ordre Mondial/New World Order (NOM en français et NWO en anglais).

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Enfin l’exemple n’est pas boiteux, si on considère la descente aux enfers d’une Nation livrée à elle-même dont sa force de frappe a été provisoirement anéantie. Le Président de l’Assemblée Nationale est avant tout militaire et non le contraire du point de vue logique.
Ainsi on dira de lui: Soldat et Sénateur.

N.B.: La vie de tout individu vivant n’importe où sur la terre est un livre ouvert, tout le monde connaît tout le monde si besoin est. Plusieurs jeunes n'avaient pas la possibilité de faire partie de l'académie militaire parce qu'ils n'avaient aucun contact proche ou éloigné du pouvoir duvaliériste.


Soldat reconnaissez votre rang!
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Re: Militaire démobilisé, président de l'Assemblée nationale

Postby rico » Sat Dec 03, 2011 12:03 pm

Mon cher Patat, vous defendez la cause des militaires de facon effficace et intelligente. Vous n'agissez pas commes certains qui usent la violence, le tricherie, le mepris et même l'imposition forcée pour reconnaitre cette cause. Vous évoquez toujours des moments ou des aspects positifs de ces militaires. Cependant je vous voudrais vous entendre sur les nombreux manquements et les pires tristes situations.

Je ne voudrais pas que vous occultez tout ce qui était negatif durant toutes ces années de repression militaire. Vous devez êtes compréhensible pour les milliers meurtres et les disparitions par ces militaires. Est-ce qu'il faudrait pas en parler pour finalement clore ce dossier?
rico
 

Re: Militaire démobilisé, président de l'Assemblée nationale

Postby patat » Sat Dec 03, 2011 5:38 pm

Une vérité ne peut pas tuer un pays mais l’orgueil peut le faire. Si certains hommes aiment faire l’histoire, ils doivent avoir le courage et la sagesse de demander pardon à toute une Nation. Après le démantèlement de notre Armée, il y eut l’anarchie, le kidnapping, le viol et l’humiliation du peuple haïtien. Même le maître d’œuvre de cette ignominie a recruté des mercenaires pour se protéger des fous qui n’attendaient que cette bamboche démocratique démesurée pour assouvir leur soif inhumaine.

Rico, Rico, vous suivez les interventions de Patat depuis belle lurette et comme vous le savez mon approche a toujours été l’honnêteté dans la façon de penser pour pouvoir me regarder dans un miroir le temps venu.

Rico, Rico, je n’ai jamais été défenseur de bandits, d’assassins, de vauriens etc.; dans les Forces Armées haïtiennes il en existait et tous les pays même les plus démocratiques ont vécu et vivent ce phénomène; ils n’ont pas démantelé et ne démantèleront pas leur Armée pour autant, ils ont par contre jeté dans la poubelle les pommes pourries. Quand je parle de retour de l’Armée, de notre Armée, je ne fais pas allusion à ces éléments comme Tassi, Sony Borge, Ti Boulé, j’invite quelqu’un d’autre du forum à m’aider pour l'énumération. J’ai connu des militaires qui ne portaient même pas un révolver ou si vous voulez tout en portant leur uniforme cachait leur pistolet. Cela est la vérité. Vous êtes mieux placé pour citer ces soldats à partir de vos recherches et de votre militance et je vous demande de grâce de le faire immédiatement.

Enfin pour l’amour de Dieu ne dîtes pas que Patat fait allusion aux soldats énergumènes. Jeune, adolescent et adulte, je craignais toujours les soldats, policiers et macoutes exhibant leurs armes à feu. Je veux des soldats, des policiers, des agents secrets, et j’en passe, qui hors service vont avoir l’air d’un simple civil sans armes à feu. Tout cela fait partie de la démocratie et on reviendra sur cet aspect important.

Frère, je vous souhaite une bonne soirée tout en souhaitant un renouveau pour notre Nation.
Fraternellement vôtre, Patat.
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